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Relais de la flamme : L’un des artisans derrière la conception du flambeau



Bruno Comtois

Bruno Comtois

Publié le 29 Janvier 2010
Publié le 1 Février 2010
 

Par François-Olivier Dorais – Franco Médias 2010

Alors que les Jeux olympiques de Vancouver approchent à grands pas, nous rejoignons au téléphone Bruno Comtois à l’usine québécoise de Bombardier, où sont produits les 12 000 flambeaux pour le relais de la flamme olympique, entamé le 30 octobre dernier.

Sujets :
Bombardier , Global Express , Jeux olympiques , Canada , Sherbrooke , Vancouver

Le lieu d’assemblage est gardé secret, pour des motifs de «sécurité industrielle». Au bout du fil, le timbre de voix anxieux mais d’une franchise sans borne, le chef ingénieur auprès de Bombardier Aéronautique en est encore à chercher son aise face aux demandes d’entrevues médiatiques qui se multiplient à l’approche des Jeux.

«(La sollicitation des médias) ça a été initialement un gros stress pour moi, concède-t-il, (…) mais en même temps, ça me sort d’une zone de confort et ça me permet de me remettre en question. C’est très enrichissant.»

Diplômé de l’Université de Sherbrooke en génie mécanique, ce Québécois de 38 ans travaille depuis près de 15 ans pour la multinationale canadienne. Après une solide expérience technique acquise notamment en travaillant sur les ailes du Challenger puis sur le cockpit du Global Express, il s’intéresse depuis les dernières années au processus de fabrication et à la conception de produits.

En novembre 2007, fort d’une expérience significative en ingénierie, Bruno Comtois est sélectionné pour être l’un des responsables de la conception des flambeaux pour les Jeux olympiques de 2010.

«J’ai accepté sans réfléchir, pensant qu’il s’agissait d’un projet relativement peu compliqué; après tout, on fait des flambeaux depuis 1936! Mais j’ai vite constaté l’ampleur du défi après mes premières réunions avec le comité olympique. On parle bien de produire 12 000 flambeaux en six mois!»

La composition

D’une hauteur d’environ un mètre, le flambeau olympique présente un design courbé inspiré par le paysage hivernal du Canada et peut résister tant aux températures froides de Whitehorse qu’au climat doux de l’île de Vancouver. Sa résistance en altitude est fixée à 2100 mètres. Muni de deux brûleurs permettant une combustion d’une durée de douze minutes et d’un poids équivalent à celui d’un bâton de ski, il est composé d’aluminium anodisé, d’acier inoxydable, de cuivre et autres matériaux composites. Au total, il se constitue à 95% de produits canadiens, un point auquel Bruno Comtois tenait beaucoup.

«Il fallait entre autres que la flamme soit belle et opaque. Il y avait aussi le côté sécurité très important pour Bombardier. Enfin, on devait également respecter certaines couleurs, un requis de forme qui représente le Canada et certaines considérations techniques liées à l’environnement.»

Mais malgré tous ces critères de conception et de sécurité à prendre en considération, en est-il arrivé à s’approprier le projet pour lui donner une touche personnelle?

«Je dois dire que c’est à mon avis le plus beau des flambeaux! C’est mon bébé! Je me suis vraiment beaucoup investi et souvent, par réflexe, je le tiens comme un bambin dans mes bras», confie-t-il avant de rappeler que c’est aussi et surtout le fruit d’un grand travail de collaboration.

En effet, plus de 175 équipes de quatre assembleurs travaillent sur la production des flambeaux depuis août dernier. «On a même donné l’opportunité aux assembleurs de signer leur nom à l’intérieur des flambeaux assemblés.»

Les défis

À titre de chef ingénieur, Bruno Comtois avait pour tâche de piloter le projet pour la division aéronautique en rassemblant les experts, en s’assurant de respecter les délais prescrits par le comité olympique et surtout, en s’impliquant activement dans la conception du flambeau, notamment dans son volet esthétique.

«Le plus gros défi, explique-t-il, fut au niveau de l’assemblage et de la fabrication. Chez Bombardier, on a un rythme de fabrication assez lent compte tenu de notre spécialisation dans le matériel de transport. Comme les flambeaux ont impliqué une production plus rapide, il a fallu penser un nouveau centre d’assemblage basé sur le 'lean manufacturing'. Au niveau de la production on a dû repenser la manière de concevoir nos pièces et le choix des matériaux. Pour ce faire, il a fallu s’inspirer d’autres technologies.»

S’il est impossible de connaître le coût total de fabrication des flambeaux en vertu des obligations contractuelles de Bombardier, chacun des 12 000 coureurs qui auront porté la flamme entre octobre 2009 et février 2010 aura l’opportunité de se procurer le flambeau pour la somme de 349$.

 

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