M. Beaudry, un résident de L’Ange-Gardien en Outaouais, a été choisi comme annonceur-maison et maître de cérémonie francophone attitré aux remises des médailles à Whistler en vue des Jeux olympiques et paralympiques. Comédien et interprète au Musée canadien des civilisations, il fait partie de la troupe de théâtre Dramavue depuis 20 ans. Mais c’est plutôt pour sa voix qu’il a été convoqué en Colombie-Britannique.
«C’est toute une aventure!», lance d’entrée de jeu Carol Beaudry, qui est depuis 2004 l’annonceur-maison des 67’s d’Ottawa, le club de hockey junior de la capitale nationale. «Un soir que j’animais un spectacle au parc de la Confédération à l’occasion de Bal de neige, un représentant des 67’s m’a entendu. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler pour eux», se souvient-il.
De fil en aiguille, M. Beaudry s’est bâti une solide expérience dans le domaine. Il a d’abord été approché par les Olympiques de Gatineau, qui faisaient partie de l’organisation de la Coupe Telus – le championnat canadien de hockey midget AAA – en 2005. «C’était mon premier contact avec un tournoi d’envergure nationale», glisse-t-il.
Puis, deux ans plus tard, le comédien a reçu son premier contrat avec un organisme international. Sa voix a été celle de toutes les rencontres de la Coupe du monde de football (soccer) des moins de 20 ans de la FIFA disputées à Ottawa.
Le début d’un rêve
C’est à ce moment que M. Beaudry a commencé à songer aux Jeux olympiques. «Je me suis dit que je pourrais peut-être poser ma candidature, pour tenter ma chance. Ça me donnait quatre ans pour me perfectionner.»
Alors qu’il commençait à rêver aux J.O., Ottawa a été le théâtre d’un autre événement majeur, soit la présentation du Championnat mondial de hockey junior, au début de 2009. «Comme les 67’s et les Sénateurs d’Ottawa étaient impliqués dans l’organisation, j’ai été choisi pour être l’annonceur-maison de tous les matchs disputés au Centre civique», explique M. Beaudry.
«Quand j’ai su que j’avais le poste, c’est là que je me suis dit que la prochaine étape, c’était les Jeux olympiques. Je devais absolument poser ma candidature pour le tournoi de hockey», poursuit-il.
C’est donc ce que le père de deux jeunes garçons a fait. Puis, en juillet, il reçoit un courriel lui demandant de soumettre un extrait sonore de sa performance.
«Le règlement olympique veut que ce soit une personne, une voix. Ça me prenait un démo en français. Je suis donc allé en studio, j’ai pris un match du championnat du monde junior que j’avais annoncé à Ottawa et je leur ai fait parvenir le tout.»
Voulant impressionner les décideurs, M. Beaudry a choisi un match impliquant les équipes nationales de la Suède et de la Lettonie. «J’ai trouvé la feuille de match avec des beaux noms à prononcer. J’ai voulu mettre le paquet», assure-t-il.
Déception
À la rentrée des classes, en septembre, M. Beaudry reçoit un autre courriel, avec de moins bonnes nouvelles. Sa candidature n’avait pas été retenue par les organisateurs pour annoncer le tournoi olympique de hockey.
«Je croyais que mon rêve olympique était fini», admet-il.
Puis, le 13 octobre, l’espoir renaît. «La personne responsable du tournoi de hockey avait transféré mon dossier, et on m’a annoncé que j’avais été choisi pour annoncer les cérémonies des médailles à Whistler.»
«J’ai évidemment accepté, continue-t-il. C’est un rêve qui se concrétise. Il y a trois ou quatre ans, je me disais que j’aimerais ça, un jour, faire partie des Olympiques. Maintenant, ça se concrétise», ajoute celui qui sera établi dans l’Ouest canadien pour six semaines au total.
Des aspirations futures?
Carol Beaudry ne pense pas encore à ce qui se passera après les Jeux. Souhaite-t-il poursuivre son association avec le mouvement olympique?
«Je dirais que oui. Il y a toujours l’idée de voyager avec les Jeux olympiques. Ils vont toujours avoir besoin de francophones aux Jeux, le français étant la première langue olympique. Donc je pense à Sotchi dans quatre ans, ou Rio de Janeiro en 2016», avoue-t-il.
«C’est à moi de faire mon boulot, de bien faire les choses, et à partir de là, c’est hors de mon contrôle. Chaque contrat que j’ai fait, je me suis dit que je ferais du mieux que je pouvais, que je ferais ce que j’avais à faire et que si les gens étaient satisfaits, par la suite, je serais récompensé», termine-t-il.

