Originaire du Nouveau-Brunswick mais résidente de l'Outaouais depuis six ans, la spécialiste de 33 ans met bénévolement toute son expertise à profit à la clinique médicale réservée aux athlètes internationaux. C'est un rêve qui devient réalité pour celle qui était supposée œuvrer aux Jeux paralympiques de Pékin, il y a presque deux ans, mais avait dû faire une croix sur l'expérience ultime pour des raisons familiales.
La physiothérapeute est convaincue qu'elle reviendra à Gatineau avec un indescriptible bagage de souvenirs. «C'était mon rêve ultime en physiothérapie sportive. Je ne me fais pas trop d'attentes, mais c'est certain que je vais vivre une gamme d'émotions», lance la maman d'un garçon d'un an et demi.
Parfaitement bilingue, Mme Holland croit qu'elle s'en tirera sommes toute pas trop mal pour communiquer. «Mon expérience sera des plus intéressantes, même s'il y aura la fameuse barrière de la langue. À la limite, il y a toujours des traducteurs ou les entraîneurs», affirme-t-elle, ajoutant qu'elle maîtrise quelque peu l'allemand. «Il faut établir une belle confiance avec l'athlète. C'est tout un défi. Les sportifs ont tous des personnalités différentes l'un de l'autre, selon la discipline et le pays», ajoute-t-elle.
Un facteur des plus importants là-bas est le travail en équipe. «Tout le monde doit travailler main dans la main pour le bien de l'athlète, que ce soit le physiothérapeute, le médecin, le chiropraticien ou le massothérapeute. Je ne dois pas tout prendre sur mes épaules», affirme-t-elle.
Il y a aussi l'adaptation aux circonstances. Sur une multitude d'aspects, ses fonctions et ses objectifs seront différents là-bas. «Dans mon quotidien à Gatineau, il faut avoir la pensée de guérir à long terme. Mais aux Jeux olympiques, il faut changer d'approche car ce n'est pas réaliste de penser pouvoir guérir. L'intensité et les techniques de soins sont différentes. C'est probablement ce qui me fait le plus peur», indique-t-elle.
Mme Holland compte bien évidemment aussi profiter de son passage à Vancouver pour suivre quelques compétitions olympiques à titre de divertissement pur et simple, sans avoir à se soucier de la santé des athlètes. Elle surveillera particulièrement du coin de l'œil le ski de fond et le surf des neiges. «J'espère être capable de me procurer des billets là-bas, sauf que si c'est impossible, ça ne me dérange pas. Simplement de me retrouver là-bas dans un bar et de pouvoir suivre les compétitions sur des écrans de télévision, ça va déjà être un beau cadeau en soi», dit-elle.
Même avec les Jeux de Vancouver pas aussitôt terminés, la spécialiste a déjà dans sa mire d'aller donner un coup de main lors des Jeux paralympiques de Londres en 2012 en compagnie de quelques autres physiothérapeutes canadiens.

