Voulant être bien certain de ne rien manquer, c’est vers 16 heures que je suis entré dans le dôme. En entrant, les cinq anneaux olympiques bien en évidence – par lesquels le planchiste a fait son apparition en début de cérémonie – ont tout de suite capté mon attention. Les spectateurs eux prenaient déjà place petit à petit dans l’enceinte qui contenait ce soir-là plus de 60 000 personnes.
Sur le coup de 17 heure, un pré-spectacle a été présenté afin d’informer les gens de leur rôle au cours de cette soirée historique. Sur chaque siège avait été déposée une boîte de forme hexagonale, contenant une lampe de poche, une chandelle électrique, un drapeau du Canada, de même qu’un poncho blanc.
Les lampes de poche créaient ces multiples lumières de couleur, représentant entre autres des aurores boréales. Les chandelles, elles, devaient être utilisées lors de la chanson de la paix.
À 18 heures précises, les festivités ont été lancées. Comme trois milliards de personnes à travers la planète, vous avez probablement regardé l’événement, donc inutile de vous le décrire. Sur place, l’ambiance était toutefois survoltée, la foule étant conquise d’avance.
Comme premier événement olympique, difficile de demander mieux. Les espaces réservés aux médias étaient au même niveau que la tribune officielle, où prenait notamment place le premier ministre Stephen Harper, la gouverneure générale Michaëlle Jean, le président du CIO Jacques Rogge et les chefs des Premières nations.
Voici quelques remarques en rafale:
- Le français a été amoché par le COVAN. Ainsi, si la majorité de la cérémonie était présentée en anglais, dans les hauteurs du B.C. Place, on pouvait lire des traductions en français des discours, parfois douteuses. Ainsi, «Enjoy the show» devenait «Appréciez l’exposition».
- L’avantage de tenir une cérémonie dans un dôme – c’était la première fois dans l’histoire des Jeux d’hiver – a certainement été de ne pas avoir à subir la pluie battante qui faisait rage à Vancouver, vendredi soir.
- Parmi les moments forts de la soirée, l’entrée de la délégation géorgienne, sous les applaudissements de la foule. La minute de silence consacrée à Nodar Kumaritashvili a également été très émouvante, alors que le silence complet régnait dans le stade. Le directeur général du COVAN, John Furlong, a par ailleurs annoncé qu’une cérémonie spéciale serait organisée à la mémoire du disparu. Les détails de cet événements ne sont pas encore connus.
- Le spectacle étant produit avant tout pour la télévision, la séquence impliquant les mammifères marins n’était pas aussi impressionnante sur place qu’à la télévision. Heureusement, des moniteurs installés sur les tables de presse nous ont aussi permis de contempler le moment.
- Un problème hydraulique a empêché l’érection de l’un des quatre pylônes sensés sortir du sol et allumer la vasque olympique située au centre du stade. Sur place, malgré l’engouement, les spectateurs ont remarqué l’imbroglio, mais ont tout de même continué à applaudir et à manifester leur joie.
- Les rues bloquées sensées offrir des voies réservées aux véhicules officiels peuvent parfois semer la confusion. Ainsi, notre chauffeur d’autobus accompagné d’un bénévole a eu toutes les misères du monde à nous conduire du Centre principal des médias au B.C. Place, zigzagant à travers les rues du centre-ville. Après d’intenses négociations avec les policiers, on a finalement pu emprunter un chemin normalement «interdit», nous permettant d’atteindre le dôme.

