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Vancouver prise d’assaut



Vancouver prise d'assaut

Vancouver prise d'assaut

Stéphane Jobin
Publié le 21 Février 2010
Publié le 21 Février 2010
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Le beau temps et la fin de semaine auront finalement eu raison du système de transport olympique, qui ne s’en sortait pas si mal jusqu’alors. C’était jusqu’à ce que des centaines de milliers de personnes débarquent en ville, vendredi.

Sujets :
King Edward , Vancouver , Rue Hastings , Québec

Si les résidents de la métropole de la Colombie-Britannique avaient été avertis de laisser leurs véhicules à la maison, force est de constater que les visiteurs n’ont pas tenu compte de cet avis. Le centre-ville de Vancouver est un terrain de stationnement depuis vendredi, alors que s’entremêlent voitures, piétons, bicyclettes et autobus. Un véritable gâchis.

Voici l’une des aventures vécues au cours de la fin de semaine. Vendredi après-midi, après une visite au Pacific Coliseum afin de discuter avec Éric Bédard, l’ex-olympien devenu entraîneur de l’équipe de patinage de vitesse allemande (voir le texte ici), l’autocar chargé de nous ramener au centre principal des médias est pris sur la rue Hastings, qui traverse Vancouver d’est en ouest. Heureusement, Georges, le sympathique chauffeur, est là pour nous divertir, moi et l’autre membre de la presse présent sur le bus, un Coréen dont le nom est plus complexe à épeler que le plus difficile des mots de la langue française. Je m’abstiens, donc.

Georges m’explique dans un langage coloré qu’il travaille normalement dans le nord du Québec, à Kuujjuaq, et qu’il est ici par plaisir, son véritable travail étant de mener des scientifiques qui travaillent sur les populations d’ours polaires d’un point A à un point B. Je le trouve brave de ne pas «sauter les plombs» avec toute cette circulation, considérant son environnement régulier de travail. Il garde plutôt son calme, fait des farces et s’intéresse à notre boulot, en tant que journalistes.

Quarante minutes après notre départ du Coliseum, nous sommes toujours pris au milieu de Hastings. La route prend normalement de 20 à 25 minutes… En passant à l’intersection de la rue Cambie, on croise une douzaine d’autobus du réseau de transport municipal, tous arrêtés sur le bord de la route, bloquant l’une des deux voies disponibles pour entrer dans le cœur de Vancouver. La raison : l’un des autobus de la ville était immobilisé, en plein centre d’une intersection majeure. Ses pôles électriques semblaient défectueux.

Ah oui, parce qu’il faut expliquer qu’au centre-ville de Vancouver, plusieurs autobus sont alimentés par des câbles électriques passant au-dessus des rues. Ainsi, lorsque les pôles se détachent des câbles, les chauffeurs doivent sortir du bus afin de les raccrocher. Une formalité, normalement.

Dans le cas de cet autobus, ça semblait plus sérieux. Impossible donc pour les autres véhicules de passer.

Le problème, c’est que Georges n’a pas le droit de détourner de son chemin, sauf en cas de force majeure. «Comme un tremblement de terre, par exemple», rigole-t-il. Question de sécurité. Afin de s’assurer que les autobus affectés aux membres de la presse restent sécuritaires, on les oblige à toujours emprunter le même trajet.

Bref, après une série d’autorisations, l’autobus réussit à détourner sa trajectoire, se dirigeant vers l’une des rues les plus fréquentées du centre-ville. Inutile de vous dire que le bain de foule a considérablement ralenti notre course.

Une heure quinze. C’est le temps que ça nous a pris pour rejoindre le centre de presse…

Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres qui me sont arrivés cette fin de semaine. Samedi, le train reliant mon hôtel au centre de presse – la fameuse Canada Line, bâtie au coût de deux milliards de dollars – a soudainement cessé d’avancer à la station King Edward. Les portes sont ouvertes, le train est plein, les passages sont tassés comme des sardines. On nous explique qu’un problème retient un autre train à une station plus au nord, retardant le reste du réseau. Un samedi midi, alors que la demande est à son plus fort. Bien mauvais timing.

C’est sans parler des marées humaines qui convergent vers le centre-ville ou des queues de 20 à 30 minutes qu’il faut attendre pour seulement sauter dans le train…

Les gens semblent toutefois prendre leur mal en patience. Les gens chantent – je n’ai jamais entendu l’hymne national canadien si souvent dans une seule journée – et restent tout de même heureux, dans l’esprit olympique j’imagine.

Espérons seulement que le retour au travail lundi ramènera quelque peu les choses à la normale…

 

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