Rencontré à l’hôtel, Keven, un habitant de longue date de Richmond, m’expliquait lundi soir que sa ville ne comptait que 2500 habitants lorsqu’il s’y est retrouvé avec ses parents, à la fin des années 1950. La rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 a amené plusieurs Asiatiques dans la région, qui ont en grande partie choisi Richmond comme terre d’accueil, me raconte-t-il.
Aujourd’hui, la banlieue compte un taux d’immigration de 59%, le plus haut au Canada. Cette impression de se retrouver en Asie n’est donc plus si surprenante. Et l’affiche de Bureau en gros non plus. Sur celle-ci apparaît le nom anglais de la compagnie (Staples) de même que la traduction chinoise…
Cette immigration massive a toutefois créé quelques frictions au début, concède Keven. Si bien que des politiciens ont dû s’impliquer personnellement afin de sensibiliser les communautés locales à la bonne entente. Surtout à l’aube des Jeux olympiques d’hiver.
«Je me suis déjà fait dire, alors que je magasinais dans un centre commercial asiatique : ‘Pourquoi ne vas-tu pas dans ton centre d’achats?’», lance Keven, qui ajoute que de tels comportements, fréquents il y a cinq ou six ans, sont quasi-disparus. «C’est beaucoup mieux aujourd’hui», assure-t-il.
Richmond en 2003
Je me souviens de Richmond, alors que j’y avais séjourné en 2003. Habitant Banff, nous étions partis une bande d’amis pour Vancouver, à travers les montagnes, afin d’assister à la défunte course d’Indy Car.
Je me rappelle que le camping où nous avions décidé d’établir notre quartier général était situé tout près de l’aéroport. C’est assez évident à saisir lorsqu’à 6 heures du matin, le premier Boeing passe quelques centaines de mètres seulement au-dessus de votre tête…
J’ai appris lundi que ce terrain de camping n’était plus. En fait, il s’agissait du terrain sur lequel est aujourd’hui bâti l’Anneau olympique de Richmond, sur le bord de l’eau. Et au lieu du bus qui parcourrait à l’époque le chemin No. 3 jusqu’au centre-ville, c’est maintenant le train de la ligne Canada, construite au coût de deux milliards de dollars, qui transporte tous ces néo-Canadiens.
Comme quoi les temps changent vite à Richmond.

