Ça m’a rappelé un petit gars de 4 ans rencontré sur l’Île de Vancouver. Nous étions au chalet de nos amis et nous avions rencontré ce petit homme du terrain voisin qui était venu à la rencontre d’une possible camarade de jeu. Notre fille, bien qu’elle parle déjà un bon anglais, cherche quelques fois ses mots. Alors, on a expliqué au garçon que notre fille parlait français d'abord, puis anglais. Ce à quoi il a répondu : « Ah, moi je ne parle que le... canadien!!! »
Ça m’a fait rire.
Une autre petite fille de 5 ans, rencontrée dans le même contexte, m’avait regardée étonnée en me demandant ce que ma fille venait de me dire, juste là, dans ces mots qu’elle n’avait pas compris… Je lui ai expliqué à son tour que ma fille parlait français et anglais et que ces derniers mots qu’elle m’avait adressés étaient en français. La petite fille un peu surprise m’a répondu ceci : « I only speak the way I talk ». En d’autres mots, « Je ne parle que la langue que je connais… » Incapable de me dire laquelle c'était!
Je trouve cela tellement surprenant. Pourtant, avec des émissions comme Dora l’exploratrice, et la diversité ethnique des grandes villes, les enfants ont la chance de s’éveiller à cette réalité, en autant qu’on leur permette également de l’expérimenter dans leur quotidien. Essayer de leur faire écouter des émissions dans une autre langue, voyager quand c’est possible, favoriser les amitiés avec des enfants d’origine ethnique différente, ça aide à ouvrir les yeux sur le monde. Cependant pour bien le communiquer à nos enfants, il faut d’abord le faire pour soi-même.
On m’a aussi raconté que la fille d'amis francophones à Vancouver ne connaissait que la langue de la maison et celle de la garderie. Quand on lui demandait comment on disait ceci ou cela en anglais, elle n’avait aucune idée. Tandis que si on lui demandait comment on disait ceci à la garderie, ah ca, elle pouvait vous le dire. C’est tout simple.
À Montréal, cette ville du Québec francophone où tant de personnes parlent anglais et où tout est affiché dans les deux langues, il devrait être facile de faire comprendre à un petit enfant qu’il existe des façons différentes de parler et qu’il est aussi possible de les apprendre. Alors qu’à Vancouver, où tout se déroule principalement en anglais, c’est peut-être différent ? Pourtant, si je regarde autour de moi, il y a des gens de partout et bien peu parlent l’anglais sans un petit accent. Je ne sais pas. Cependant, les réponses de ces enfants m’ont étonnée – ne savaient-ils pas que certaines personnes ne parlaient pas comme eux ? Je me demande ce qu’aurait dit un enfant montréalais en entendant un autre parler anglais ?
En ce qui nous concerne, depuis longtemps, on essaie de familiariser notre fille avec cette réalité. Aujourd’hui, on peut dire qu’elle l’a bien comprise et si on lui parle d’espagnol, de mandarin ou de russe, elle peut comprendre que c’est une façon de communiquer qu’elle pourra apprendre un jour si elle en a envie.
Je crois sincèrement que, de nos jours, parler deux langues n’est plus un atout, mais une nécessité et qu’une troisième langue peut aider quelqu’un à se démarquer dans le milieu du travail. Alors qu’on se le dise, il est important de favoriser l’apprentissage de français mais ça n’exclut en aucune sorte l’ouverture sur le monde et l’apprentissage d’autres langues.
Marie-Chantal Gravel
marie-chantal.gravel@transcontinental.ca
1- source : http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/marie-claude-lortie/200909/02/01-898317-la-langue-quoi.php
Je parle canadien !
Hier, je lisais sur Cyberpresse l’article de Marie-Claude Lortie : La langue quoi? (1) Il racontait une situation dans une classe de Montréal où les enfants étaient incapables de comprendre le sens de « langue maternelle ». Pour eux, le français, c’était la langue de la cour d’école puisque, pour la plupart, ils étaient de familles de différentes origines ethniques où la langue parlée à la maison n’était pas nécessairement le français.
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