Je ne sais pas pour les autres, mais selon moi être mère à la maison est loin d’être un obstacle lorsqu’on émigre ailleurs… Je m’amusais vraiment bien à la maison lorsque je ne travaillais pas. Il y a bien eu une petite période d’adaptation, et c’est normal, mais elle n’a pas duré trop longtemps. Il suffit de se trouver des occasions de se mêler à la communauté, et si on veut apprendre la langue du coin, il n’y a rien de plus facile à faire quand on a un enfant. Il y a les « drop-in », les « meetup groups », les activités familiales dans les centres récréatifs, même à la plage et au parc on rencontre des gens… Essayer d’entrer en relation avec une autre maman, ça va de soi, il suffit de sourire. De plus, les enfants captent si vite les nouvelles langues qu’au bout d’un certain temps, ce sont eux qui deviennent les interprètes.
En parlant d’isolement… Loin de mon petit coin de pays, il peut m’arriver d’avoir les bleus, par contre je dois dire qu’avec les nouvelles technologies, (Internet, Web 2.0 et les médias sociaux), il y a des tonnes de façons de rester branché sur son univers.
De nos jours, il est simple de communiquer avec notre famille sans payer de frais interurbains. Nous utilisons Skype et nous parlons avec Mamie à l’autre bout du pays, et avec les caméras, on peut même se voir en temps réel.
Vancouver ayant trois heures de différence avec Montréal, il n’est pas toujours évident de regarder la télé en français. J’ai le câble, mais je ne suis pas abonnée à Radio-Canada Vancouver. J’ai seulement accès à Radio-Canada à l’heure de l’Est. Par contre, grâce au site Web de Radio-Canada, je peux regarder certaines émissions en ligne à l’heure qui me convient. L’année passée, j’écoutais Les Invincibles et, cette saison, j’écoute Les hauts et les bas de Sophie Paquin.
Pour les nouvelles, je lis Cyberpresse et parfois j’écoute RDI car les nouvelles y passent de façon continue et je peux les capter à une heure raisonnable, à Vancouver. Et pour en savoir plus sur ce qu’il se passe dans mon quartier, je lis le Courrier Ahuntsic sur le web.
Je regarde régulièrement la météo à Montréal, seulement pour savoir le temps qu’il fait par « chez nous ». Je compare la météo à celle de Vancouver et je sais quel temps il fait pour mes amis. On sait combien la météo alimente les conversations !
En parlant d’amis. Pour ces derniers, il y a Facebook. Même à 4000 km de distance, je peux savoir ce qu’ils ont fait de bon dans la dernière semaine, ce qu’il se passe de beau à Montréal, les réflexions qu’ils ont eues durant la journée.
Avec mon blogue personnel, mes amis et les gens qui aiment me lire peuvent savoir ce que je vis dans mon aventure et découvrir à travers mes photos ce que mes yeux voient ici dans l’Ouest canadien.
Puisqu’il est question de blogue…, j’aimerais mentionner le plaisir que j’ai de recevoir des courriels de mes lecteurs. Récemment, l’éducatrice de la garderie où allait ma fille avant de quitter Montréal m’a écrit. Elle me disait qu’elle appréciait avoir des nouvelles de la Poulette par mes chroniques du journal. Alors, je lui dis un beau « bonjour Leila ».
Je suis consciente que j’ai la chance d’avoir un revenu suffisant pour payer l’accès à Internet et me déplacer aisément à travers la ville, mais je suis certaine que l’isolement n’est pas nécessairement le problème de l’exil, une bonne dose d’ouverture et d’intérêt peuvent rendre l’exil parfaitement amusant.
Ne pas confondre l’exil et l’isolement
J’écoutais la radio l’autre jour et j’entendais une maman francophone parler de l’isolement qu’elle vivait en tant que femme-mère « exilée » à Vancouver. Comment, oh combien, les programmes gouvernementaux n’étaient pas suffisants pour supporter et aider les personnes dans cette situation. Je me suis étonnée; comment est-il possible de se sentir isolée alors qu’il y a tant à faire?
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