C’est tellement agréable de retourner à Montréal car c’est la fête; on veut voir tout le monde, on visite, on se fait inviter. Nous ne sommes que de passage et nos amis sont contents de nous voir et vice-versa.
Toutefois, c’est aussi surprenant de constater que nous sommes un peu étrangers dans notre propre ville. Notre cerveau est en mode « anglais » et on a le réflexe maladroit de s’adresser dans cette langue avec un accent québécois évident à la dame de l’épicerie ou à un monsieur dans le métro. On se rend compte aussi que nous ne sommes plus habitués à l’humidité ambiante qu’on retrouve certains jours dans la ville de Montréal.
Puis, on remarque la couleur des édifices et le béton de la Métropolitaine, on trouve ça gris. On s’aperçoit que l’horizon est plat et que nos arbres sont petits. Que les immeubles sont carrés et austères. Que ses rues sont ridées et qu’on s’enfarge dans les nids de poules. On s’interroge : a-t-elle changée cette ville ou est-ce moi qui suis différente? On se prend à rêver de l’autre, à cette ville jeune et élancée avec ses tours longues et arrondies et ses montagnes onduleuses. Cette ville pleine de nouveautés et de choses à découvrir.
Puis c’est le choc. On se rend compte qu’on connaît Montréal par cœur, à un point tel qu’on n’avait plus l’habitude de la regarder. Qu’on l’aimait les yeux fermés et que cet éloignement nous les a ouverts. Comme un vieux couple sur le bord de la rupture, on se dit qu’il nous faut redécouvrir Montréal et se rappeler pourquoi on l’aimait.
Je dois dire que je suis toujours contente de revenir dans ma ville sauf que lentement je me rends compte que j’aime aussi beaucoup Vancouver et que je suis toujours très heureuse d’y retourner. Plus le temps passe, plus je réalise que je suis attachée à ce coin de pays.
Lorsque le contrat de mon conjoint sera terminé, on devra prendre notre billet final de retour. Il n’y aura plus de voyage à Vancouver au programme. Un jour, la vie quotidienne reprendra son rythme, et cette « aventure » avec cette autre ville prendra fin.
Montréal, mon amour, j’espère que tu ne m’en voudras pas trop …
Montréal, je te suis infidèle
Depuis que j’habite à Vancouver, j’ai la chance de revenir de temps en temps à Montréal. Je suis passée voir ma famille et mes amis en septembre 2008, décembre 2008, mai 2009 et tout récemment. Heureusement, notre maison est là, à Montréal, et nous attend sagement.
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