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Nous y sommes presque



Nous y sommes presque

Nous y sommes presque

Marie-Chantal Gravel
Publié le 11 Janvier 2010
Publié le 12 Février 2010
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Cette semaine, nous passerons le cap des 30 jours avant les Jeux olympiques. Personnellement, je compte déjà le nombre de jours avant que tout soit terminé… et je surprends tout le monde autour de moi avec des réflexions du genre : « Réalisez-vous que dans deux mois, ça ne sera plus qu’un souvenir, bon ou mauvais? ». Ce à quoi on me répond avec une pincée d’ironie : « Ah bon? Toi, tu as hâte aux Jeux c’est in-cro-ya-ble!»

Sujets :
Vancouver

Comme je suis une personne nerveuse, je vis souvent un événement fort en émotions à retardement en me perdant de longues heures dans mes souvenirs. C’est ma façon d’apprécier… De toute façon, je sais que lorsque je serai dans le feu de l’action, je vais me protéger en me plongeant dans un état d’autohypnose qui me permettra d’ignorer mon niveau de stress et de passer au travers. Je le sais, puisque c’est ainsi que j’ai survécu à mes fins de session à l’université ou lors de projets particulièrement demandant. Alors, bon, dans ces situations-là, pour moi, le pendant, eh bien c’est secondaire. Ce qui compte, c’est le résultat.

Apparemment, après des événements de grand envergure, comme celui que je m’apprête à vivre, on vit une sorte de « down », jusqu’à s’ennuyer de cette dose d’adrénaline. Pour ma part, j’ai bien l’impression que je vais d’abord me sentir soulagée. On verra ensuite si j’aurai envie de poursuivre ma carrière en gestion d’événements pour avoir la chance de revivre ces sensations fortes.

En fait, n’est-ce pas comme porter un enfant? Autant on a hâte de voir enfin son visage, autant on appréhende le jour de l’accouchement. Par la suite, on ne se souvient que de la joie de prendre son bébé dans ses bras. Quelques mois plus tard, soit on a envie d’agrandir sa famille à nouveau, soit on construit des projets différents.

La comparaison de la grossesse s’applique aussi à l’aventure des Jeux au sens large. Tout comme pour la grossesse, l’annonce de la tenue des Jeux dans une ville crée un énorme sentiment de joie et de fierté. Ensuite, vient un long moment où rien ne paraît… on sait qu’un événement se prépare, mais on ne voit pas grand-chose, on se désintéresse un peu.

Puis, petit à petit, on voit le ventre s’arrondir, des changements d’infrastructure, des constructions… Puis, certaines inquiétudes se manifestent : Serons-nous de bons parents? Aurons-nous les ressources financières suffisantes pour subvenir aux besoins futurs de notre enfant?

Enfin, le ventre rond, près à éclater et plus personne ne doute que cet enfant va arriver. On décore la chambre de bébé. On le voit partout dans la ville, des affiches, des infrastructures temporaires, on ne peut plus ignorer la venue des Jeux… et ces derniers auront un impact certain sur notre quotidien, nous manquerons sans doute de sommeil… nous recevrons des tas de visiteurs qui voudront chacun leur tour être témoin de cette nouvelle vie… on compte les jours…

Finalement, une fois passé l’accouchement et toute cette frénésie, on retrouvera une certaine routine et on espèrera que cet enfant grandira en santé et qu’un jour, il pourra voler de ses propres ailes. On appelle ça le legs des Jeux.

Voilà, en ce moment, je me sens comme Vancouver : une femme enceinte qui porte le poids d’un bébé à venir et qui songe le cœur rempli d’émotions contradictoires au jour où elle enfantera enfin.

Marie-Chantal Gravel

marie-chantal.gravel@transcontinental.ca

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