Toujours est-il que le Québec s’est doté d’un «système d’encouragement et de support aux athlètes qui fait l’envie de toutes les provinces», affirme Claude Mailhot, journaliste au Réseau des sports (RDS).
M. Mailhot en connaît un brin sur l’état du sport au Québec. Après s’être bâti une solide crédibilité dans le milieu comme journaliste, il a fait le saut en politique provinciale comme sous-ministre au ministère des Sports, des Loisirs et de l’Éducation en 2005.
«Le Québec donne environ 49 000$ par athlète de haut niveau, exempt d’impôts. En tout, c’est six millions de dollars en subventions directes. Il y a quelques années, c’était plus que toutes les autres provinces réunies», se rappelle Claude Mailhot.
Cette conviction qu’ont toujours eue les gouvernements du Québec, appuyée par des mesures concrètes, permet aux Québécois de remporter plus que leur part de médailles aux Jeux olympiques d’hiver. Les Québécois représentent environ 23% de la population canadienne et ils pourraient aller jusqu’à conquérir près du tiers du butin aux Jeux de Vancouver.
«Par exemple, en patinage de vitesse courte piste, le Québec envoie neuf des dix athlètes dans cette discipline», renchérit Claude Mailhot.
Une province trop spécialisée?
Certains observateurs soutiennent que la province ne développe de brillants sportifs que dans deux disciplines.
«Le Québec a la réputation de n’être bon qu’en ski acrobatique et en patinage de vitesse. C’est maintenant totalement faux, poursuit l’animateur de RDS. Nos athlètes performent partout. Et même si, à une certaine époque, l’affirmation était plus près de la vérité, le Québec n’a jamais cessé de fournir (financièrement parlant) toutes les fédérations sportives. Ce n’est pas le cas de toutes les provinces.»
À nous le podium
Beaucoup de travail peut encore être fait pour améliorer le développement des athlètes canadiens, au Québec comme ailleurs. Améliorer les infrastructures, consolider l’excellence des programmes Sport/Études, verser des salaires décents aux entraîneurs de haut niveau pour leur permettre de se concentrer sur ce travail à temps plein, et bien d’autres choses encore.
Malgré tout, Claude Mailhot croit dur comme fer à l’accomplissement de l’objectif du programme À nous le podium, voulant que le Canada termine au tout premier rang du tableau des médailles lors des Jeux de Vancouver.
«Un véritable travail de tranchée est fait depuis cinq ans. Les universités sont de la partie, les spécialistes, les entraîneurs et le budget a été investi en conséquence. À Turin, le Canada y est allé d’une récolte record de 27 médailles. À Vancouver, on peut objectivement croire qu’il ira en chercher 35. Ce serait sûrement suffisant pour couronner le Canada chez lui», estime Claude Mailhot.
Le Canada semble donc s’être accordé les moyens de ses ambitions.
*Ce texte a été rédigé dans le cadre du projet Franco médias 2010, qui permettra à 24 journalistes provenant des quatre coins du pays de se rendre à Vancouver et à Whistler en février prochain afin d’y couvrir les Jeux olympiques d’hiver de 2010.
