À 34 ans, le champion du monde en titre en slalom parallèle vit plusieurs émotions ces jours-ci. D’une part, il est excité à l’idée de participer à nouveau à la plus grande manifestation sportive au monde, devant ses propres partisans. De l’autre, il sait qu’il s’agit d’un dernier tour de piste pour lui, alors qu’il se retirera de la compétition à la suite des Jeux.
«J’ai eu le petit rush d’adrénaline hier en arrivant à l’aéroport, de voir les anneaux olympiques, les couleurs olympiques et les drapeaux partout. C’est toujours un petit choc quand t’arrives dans le milieu olympique, mais c’est un bon choc», explique Anderson.
«Mais ce sera difficile de partir. Ça restera avec moi toute ma vie. Être un athlète est un privilège», ajoute celui qui est sur le circuit professionnel depuis 16 ans.
S’il jongle toujours avec l’idée de terminer la saison de slalom après les Olympiques, Jasey-Jay Anderson est toutefois certain qu’il veut définitivement se retirer de cette passion qui lui a fait vivre de si beaux moments.
«Je me pose toujours la question : ‘Pourquoi arrêter quand t’es au sommet de tes capacités?’ La meilleure réponse, c’est qu’il est temps de passer à autre chose.»
Père de deux enfants de 4 et 3 ans, il veut se consacrer à sa famille, notamment à son épouse, qui est «mère monoparentale» lorsqu’il parcoure les montagnes du monde entier.
«Être papa est totalement différent du monde du sport. Quand je suis avec mes enfants, je dois donner et être patient. En tant qu’athlète, tu dois faire ce qui semble le mieux pour toi. C’est un monde très égoïste, où tu dois constamment demander et supplier. C’est dur de faire ça, surtout à 34 ans. Être sur une équipe comme ça, c’est comme vivre avec tes parents.»
Savourer l’atmosphère des Jeux
Le quadruple champion du monde ne regrette toutefois aucune de ses années passées sur le circuit mondial. Il veut d’ailleurs savourer chaque instant de ces derniers Jeux olympiques.
«Il y a de très beaux côtés, et je vais m’ennuyer de ça. J’essaie de savourer les derniers moments. J’essaie de simplifier toutes les situations dans ma tête et dans mes actions. Et je profite de la nourriture», poursuit-il, citant en exemple la crème glacée bio et les belles présentations de riz sauvage disponibles au village olympique.
«Ce sont des petites choses que tu n’as pas tous les jours. On est choyés, c’est une belle situation. J’essaie de profiter des petites choses que les Olympiques ont à offrir, des petites attentions qu’on ne verrait pas ailleurs.»
L’équipe de slalom parallèle partira samedi vers une destination gardée secrète, afin de peaufiner son entraînement. Les athlètes seront de retour à Vancouver à compter du 23 février, en vue de leurs compétitions, qui se tiendront les 26 (femmes) et 27 février (hommes).

