Le jeune patineur est heureux de ses résultats : il a terminé cinquième chez les hommes avec un total de 241,41 points. Pas si mal pour des premiers Jeux olympiques à 19 ans! Surtout qu'il sait fort bien qu'il n'a pas offert ses meilleures performances et qu’il peut faire beaucoup mieux. En fait, il a obtenu un grand total de 254,82 points lors des Championnats canadiens à London, le mois dernier.
Il avoue s’être senti déçu, le jeudi 18 février, en quittant la glace. L’athlète originaire de Toronto croyait ne pas avoir patiné selon les attentes des spectateurs canadiens. «Mais c’est incroyable comment ils (les partisans) m’ont encouragé. Voilà pourquoi je suis fier d’être Canadien. Nous avons des gens qui nous aiment et nous respectent pour notre travail et non seulement les résultats», a-t-il dit.
Ses parents l’encouragent aussi énormément. Chan confie que les larmes lui viennent parfois aux yeux quand il pense à tout ce que ses parents sacrifient pour lui. Après ses performances un peu décevantes, il pensait à tout l’argent et les efforts qui ont été investis en lui et s’en voulait un peu. Mais sa mère l’a rassuré. «Tu as fait du mieux que tu as pu ce jour-là. Et si tu veux continuer, on trouvera le moyen de faire en sorte que tu puisses continuer», lui a indiqué sa mère.
Au sujet du gagnant chez les hommes, Evan Lysacek des États-Unis, Chan affirme qu’il l’a bien mérité. Tandis que certains comme Elvis Stojko sont outrés que Lysacek ait pu se hisser devant Plushenko, le patineur russe, sans avoir exécuté de saut quadruple, Chan déclare que les juges ont été justes. «Le meilleur patineur a gagné. Il a eu deux très bonnes performances sans faute.»
Si Lysacek a gagné, c’est en partie grâce au nouveau système de pointage qui favorise un équilibre entre les sauts et les éléments artistiques. Ce nouveau système accorde autant d’importance aux transitions entre les sauts qu’aux sauts eux-mêmes. Cela donne naissance à une nouvelle ère de patinage artistique difficile à accepter pour les patineurs de la vieille école. Pour Patrick Chan, dont la force réside dans des jeux de pieds compliqués, le nouveau système est un gros atout.
L’ancien élève de l’école Étienne-Brûlé se prépare à reprendre son entraînement d’ici peu. Il participera aux Championnats du monde à Turin, en mars, avec une motivation renouvelée. «Participer aux Jeux olympiques m’a donné faim. J’ai très hâte de participer aux Championnats du monde afin de me reprendre.»
Pour Chan, les Jeux de Sotchi en 2010 sont encore très loin. Mais il estime tout de même avoir très hâte. «C’est sur le terrain de Plushenko», dit-il en riant.
Mais pour le moment, le jeune athlète n’y pense même pas, voulant plutôt profiter des quelques jours de congé dont il dispose. Patrick Chan compte profiter pleinement des Jeux avant de se remettre à l’entraînement. Il a reçu la permission de ses deux entraîneurs de relaxer et de profiter de l’expérience. «Être avec ses coéquipiers et partager des histoires, c’est ça la meilleure partie d’être un athlète», juge Chan, qui a répondu aux questions des médias avec une grande aisance, et ce, tant en français qu'en anglais.
