Olivier Jean, François-Louis Tremblay ainsi que les frères Charles et François Hamelin avaient été choisis pour le relais de 5000 mètres. Maintenant le deuxième rang au début de la course – derrière les Chinois – les patineurs canadiens ont conservé leurs énergies jusqu’à la mi-course.
Puis, avec 21 tours à faire à l’épreuve, Olivier Jean a attaqué, prenant la tête. Avec environ 13 tours à effectuer, les Canadiens avaient même réussi à se forger une certaine avance sur leurs poursuivants.
Mais avec cinq passages à effectuer, Charles Hamelin a perdu pied dans l’un des virages, la glace se détériorant d’autant plus rapidement que cinq équipes prenaient part à cette finale.
Devant une foule rugissante, le Canada a tout de même réussi à conserver sa position pour filer vers la troisième médaille d’or canadienne au relais masculin depuis que la discipline a fait son entrée aux Jeux olympiques.
«On a suivi le plan de match qui avait été établi par l’entraîneur Derrick Campbell, ça a fonctionné à la perfection. Du début jusqu’à la fin on a été en contrôle de la course. On savait exactement ce qui allait se passer. Si on avait pu écrire l’histoire du relais avant, c’est exactement ce qui s’est passé sur la glace», a expliqué Olivier Jean, pour qui il s’agit d’un premier podium olympique.
«C’est la plus belle victoire, c’est incroyable. C’est notre meilleur relais en quatre ans avec notre équipe. Ça arrive juste à point», a continué Jean.
«C’est le résultat qu’on voulait depuis tellement longtemps. Tout a fonctionné parfaitement et nous sommes tous tellement heureux. On sentait tout sur la patinoire, la foule était tellement bruyante. C’est le meilleur feeling depuis toujours, le relais était merveilleux. Il n’y a rien qui aurait pu nous arrêter», a pour sa part lancé François Hamelin, lui aussi néophyte dans l’univers olympique.
Opération Cobra
La fin de course énergique de François-Louis Tremblay a été rendue possible grâce à une stratégie particulière consistant à le reposer durant plus d’une minute. Baptisée «Opération Cobra», la tactique a visiblement fonctionné.
«J’ai pris une minute complète de repos, ce qui est comme une éternité dans une course comme ça. Quand j’ai rembarqué, il me restait seulement deux échanges», a expliqué celui qu’on surnomme Flou.
«Dans les deux derniers tours, dès qu’Olivier m’a poussé, je savais déjà que j’avais toute l’énergie nécessaire pour finir en avant, et je n’étais même pas fatigué. C’est la première fois en quatre ans qu’on l’utilise. C’est tellement inhabituel que ça mélange tout le monde sur la glace», a repris l’aîné de l’équipe canadienne masculine.
Le relais, la force canadienne
Selon Tremblay, le fait que l’équipe canadienne n’ait pas connu énormément de succès sur les distances de 1500 et 1000 mètres n’était pas une surprise.
«J’en ai parlé il y a trois jours avec Derrick (Campbell, l’entraîneur du relais) et on n’avait même pas besoin de se convaincre. On savait qu’on allait revenir forts. Mais ce n’est jamais donné. C’est tellement un gros travail à accomplir qu’on est extrêmement fiers quand même», a indiqué celui qui a remporté le bronze sur 500 mètres plus tôt dans la soirée.
La Corée du Sud s’est emparée de la médaille d’argent, tandis que les Américains ont raflé le bronze.

