Assis sur des fauteuils dans une salle commune et entourés de quelques amis, le batteur Francis Mineau et le bassiste Mathieu Cournoyer se sont retournés pour dire bonjour. Après quelques minutes d’introduction et un «d’où viens-tu?» assez détaillé, nous nous étions enfin décidés à nous installer dans l’espace curieux de la salle de bains du vestiaire de Malajube. Ne semblant pas être déstabilisés par l’endroit choisi pour conduire l’entrevue, les deux musiciens se sont assis, détendus, chacun avec une consommation à la main.
En discutant des Olympiques et de la présence du groupe francophone aux Jeux, le concept de Malajube comme olympien a été abordé.
Pour quelle raison accorderons-nous la médaille d’or à Malajube?
«On devrait commencer avec le bronze au lieu», plaisante Mathieu Cournoyer. Mais après un moment de réflexion, une raison soutenant les raisons de leur accorder une telle médaille lui échappe et son silence est interrompu par l’esclaffement de Francis Mineau, qui amène les deux artistes à rire.
«Finalement, je pense que la médaille d’or serait plus facile pour trouver des raisons pour lesquelles on la mériterait, reprend Cournoyer en souriant. Mais pour de vrai, je crois qu’on se verrait accorder la médaille d’or pour avoir joué dans des pays anglophones en français. Le fait qu’on a aussi réussi de sortir du Québec est selon moi méritant d’une médaille.»
Quelles seraient les paroles de la chanson olympique si Malajube devait les écrire?«Si on avait à composer une chanson pour les Olympiques, on aurait probablement parlé du flambeau, suppose Mineau. Personnellement, le relais de la flamme ça m’a toujours fasciné. Le flambeau c’est la chose la plus symbolique des Olympiques et ça n’a aucun rapport avec gagner des médailles ou le sport en général. Le flambeau olympique sert aussi comme sorte de métaphore pour plein d’autres choses, et je crois que c’est cette image-là qui représente le mieux les Olympiques dans le fond.»
Par contre, le bassiste Mathieu Cournoyer ne partageait pas le même point de vue. «De nos jours, les Olympiques ne sont pas quelque chose de tellement bon, prétend Cournoyer. Les Olympiques apportent beaucoup de trucs négatifs : on fait le ménage du monde et ça coûte des milliards de dollars.»
Enfin, les deux artistes partagent l’idée que les athlètes subissent trop de pression et que leur chanson olympique serait plutôt intitulée «I believe… in next time», ou «J’y crois… en la prochaine fois» lorsque les deux musiciens étaient plus enthousiastes à soutenir les perdants ou les Olympiens blessés.
«Il y a beaucoup de pression sur les épaules des athlètes», fait remarquer Mineau.
En faisant le lien entre la carrière d’un musicien et celle d’un athlète, il explique : «On a des shows où on se plante, mais on sait qu’on a d’autres chansons qui permettront de se rattraper. Quand t’es athlète, ça prend tellement longtemps avant de pouvoir s’exécuter et si tu te casses la jambe, c’est fini. La différence, c’est que le public ne nous demande pas d’être parfaits, il nous permet de nous planter de temps en temps. Avec les athlètes, c’est complètement l’opposé.»
Si Malajube était un sport, quel sport serait-il?
«Le curling!», exclament-ils, l’un après l’autre. «C’est le seul sport que le groupe a joué ensemble, à part du hockey, dit Cournoyer. C’est super le fun!»
«On a même le droit de boire de la bière lorsqu’on joue, ajoute Francis Mineau en riant. Mais, on est chanceux, on a le loisir de boire de la bière dans chaque sport qu’on fait, surtout au ping-pong!»



